Pourquoi revenir?

                Voyager c’est choisir de s’accorder un moment personnel, un moment qui peut s’étirer sur une période plus ou moins longue.  On part découvrir le monde mais inconsciemment, c’est plutôt soi-même que l’on découvre. C’est un cheminement personnel qui se fait en accéléré puisque tout autour de nous est une nouveauté. Les situations nous poussent à réagir et si l’on s’y attarde, ces réactions peuvent nous en dire long sur notre personnalité, notre vraie personnalité.

                Mais partir c’est aussi manquer des moments importants dans la vie de nos proches.  Le monde continue de tourner malgré l’impression qu’on a en revenant. Les gens sont les mêmes, mais ils vivent eux aussi des situations nouvelles qui révèlent qui ils sont.

                Je suis à Sherbrooke depuis cinq jours. En juillet je me voyais partir un an, peut-être même plus, mais je suis de retour après même pas deux mois.  Si je me suis permis de revenir, sachant très bien que je risquais de retomber dans cette routine que je tentais d’éliminer, c’est d’abord pour voir mes proches.  Personne n’était au courant de mon retour alors l’occasion était parfaite de surprendre tout le monde.  La réaction a été la même pour tous : « Salut Guillaume. Hein ? Guillaume ? Mais tu n’es pas censé être ici toi ! »

                La distance m’a rapproché de plusieurs personnes. Probablement parce qu’ils saisissent mieux qui je suis.  Je me suis ouvert beaucoup grâce à mes textes, ce qui a permis à d’autres de s’ouvrir à moi. Quand on enlève son propre masque et que les autres voient notre vrai visage, ils ont plus de facilité à enlever le leur. Et dans une société ou tout le monde en porte un, il faut commencer par soi-même.

                Je voulais être présent au mariage d’un de mes meilleurs amis et j’ai choisi ma date de retour en fonction de cela. Je voulais être présent pour voir tous mes amis proches en même temps, pour voir leur réaction sans que personne ne puisse vendre la mèche. Je voulais tous les voir dans le contexte du mariage d’un de nos amis et être témoin des subtilités de leurs personnalités qui y seraient révélés. J’avais aussi besoin de savoir ce que j’apprendrais sur moi en vivant cela. Mais par-dessus tout, je voulais être présent pour les mariés, parce que ce moment était le leur.

                Je sens et je sais que j’ai beaucoup progressé dans les derniers mois et que je me trouve beaucoup plus près de cette « chose » que je cherche.  J’ai senti que Sherbrooke serait un bon point de départ pour la suite et je ne crois pas m’être trompé.  Je suis maintenant à une croisée de chemins et tout ce que je sais, c’est que je ne dois pas retourner sur celui sur lequel j’étais dans les quatre dernières années.

                Ceci est peut-être la fin d’un chapitre, mais ce n’est pas ma dernière page.