L’équipe de recherche du lac Havasu

Je viens de passer une autre nuit pénible au lac Havasu. J’y étais la semaine passée avec mon autre groupe et c’était la même chose. La température descend à peine sous les 40 degrés celcius la nuit, le sol est super chaud et je me réveille aux heures dans un bain de sueur. Vers 6 :00 le soleil se met à taper sur ma tente et il m’est impossible et dormir plus longtemps.

De toute façon il y a ici des oiseaux qui circulent dès les premières lueurs et qui semblent être à la recherche de nourriture. Ils ont un système assez ingénieux pour trouver en groupe : Pendant qu’ils cherchent ils ont un cri comme s’ils disaient « Recherche, recherche, recherche… ». Quand ils pensent avoir trouvé ils changent de cris et se dirigent rapidement vers le potentiel repas : « Potentiel repas, potentiel repas, potentiel repas… ». Si le potentiel repas se confirme ils ont bien sur un autre cri, leur système est sans faille : « Trouvé, trouvé, trouvé… ». C’est ingénieux, et plutôt mignon quand j’y pense, mais à cinq heures du matin on a envie de les étrangler, mignons ou pas.

Puisque l’équipe de recherche semble voir un grand potentiel autour de ma tente, je décide de me lever et d’aller faire un tour au lac. Le soleil vient de se lever mais il n’y a que moi et les oiseaux qui sont réveillés. Le lac est paisible et l’eau fraîche, j’oublie tout de suite la nuit difficile que je viens de passer.
La lumière de l’aube frappe de biais sur les montagnes juste en face de la plage, ce qui fait ressortir un rouge exceptionnel ; la vue est magnifique. Je suis seul avec le lac et les montagnes et le silence est complet mis à part le bruit des vagues qui frappent occasionnellement la plage. Un grand héron est perché sur un lampadaire qui surplombe la plage, il est probablement à la recherche de nourriture lui aussi mais ne s’en vante pas, on s’entend bien lui et moi.

En sortant, la vie commence à reprendre sur le camping. Je n’arrive pas à dire si c’est l’équipe de recherche ou la chaleur qui fait le plus de victimes. Un petit lézard se cache derrière une machine distributrice ; J’en ai vu souvent dans les dernières semaines mais ils sont toujours en train de courir. Ce matin, il n’est pas pressé.

Un minuscule lièvre mange tranquillement des feuilles mortes. Cette fois, c’est moi qui dérange alors je m’éloigne pour le laisser profiter de ce magnifique début de journée.

À mon retour, l’équipe de recherche est en pause. C’est beau la vie sauvage quand même.